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Soutenance de thèse - Dalia Deias : « Inventer l’Observatoire : sciences et politique sous Giovanni Domenico Cassini (1625-1712)»

Vendredi 11 décembre 2020, 10h / En ligne

Soutenance de thèse - Dalia Deias : « Inventer l’Observatoire : sciences et politique sous Giovanni Domenico Cassini (1625-1712)»

Dalia Deias soutiendra le vendredi 11 décembre 2020 à partir de 10h sa thèse de doctorat intitulée « Inventer l’Observatoire : sciences et politique sous Giovanni Domenico Cassini (1625-1712) ».

La soutenance aura lieu entièrement en visioconférence. Les personnes souhaitant assister à la soutenance sont invitées à se rapprocher de la candidate à l'adresse daliadeias[at]yahoo[point]it.

Composition du jury :

- David Aubin, IMJ-PRG (co-directeur)
- Gianenrico Bernasconi, Université de Neuchâtel
- Guy Boistel, Centre François Viète (EA 1161), Université de Nantes  (rapporteur)
- Jérôme Lamy, CNRS, CERTOP (UMR 5044), Université Toulouse Jean-Jaurès  (rapporteur)
- Irène Passéron, IMJ-PRG
- Kapil Raj, EHESS (directeur)
- Simon Schaffer, Université de Cambridge (rapporteur)

Résumé

En 1667, commence la construction de l’Observatoire à Paris. Dès son origine, c’est un projet qui représente une rupture dans l’Europe des savoirs. On le conçoit comme un magnifique palais installé dans un vaste parc au milieu d’autres constructions plus légères. Idéalement, les savants de la nouvelle Académie des sciences, fondée dans un même geste, pourront y loger, s’y réunir et y trouver toutes facilités pour se livrer à la pratique savante. Pour le roi, il s’agit avant tout de développer les connaissances astronomiques et géographiques : l’Observatoire est le réservoir de cette expertise cruciale et le symbole de son pouvoir et de son rayonnement.

Au carrefour des sciences studies, de l’histoire des pratiques d’observation astronomique et des études sur les correspondances savantes à l’âge classique, cette thèse a pour objet de revenir sur l’histoire de l’Observatoire, en interrogeant à nouveaux frais les contours précis du projet initial et les modalités de sa mise en œuvre dans le Grand Siècle, qui correspond aux premières décennies de son existence. Revisitant les travaux classiques des historiens des sciences, notre étude se structure autour d’un ensemble considérable de lettres et de notes inédites de Giovanni Domenico Cassini et de ses correspondants. Professeur d’astronomie à Bologne jusqu’en 1669, astronome royal et premier savant courtisan de Louis XIV par la suite, Cassini est appelé en France pour donner un avis sur le bâtiment en construction. Il y vivra et travaillera pendant tout le Grand Siècle : ses manuscrits constituent une source particulièrement riche pour étudier cette institution, réinterroger les choix fondamentaux la concernant et suivre l’évolution de son dessein.

De cet examen, nous concluons que bien que d’autres lieux d’observation céleste aient existé auparavant, Cassini invente une nouvelle forme d’organisation de la pratique savante. Fonctionnant sans règles explicites, l’Observatoire innove cependant grandement dans l’organisation du travail collectif au sein d’un établissement dédié à la pratique astronomique et dans la constitution de réseaux d’observateurs aux quatre coins du monde travaillant de manière coordonnée à la poursuite d’un projet commun au service de la monarchie. Nous montrons que le savant organise l’Observatoire autour d’un concept qui provient de son travail sur les méridiennes italiennes, l’esattezza des mesures et de l’écart entre terre et ciel. Les techniques de l’Observatoire se répandront ainsi grâce à lui : les réseaux de sociabilité de l’Italien conditionneront le fonctionnement quotidien de l’établissement et la circulation des savoirs dans la ville et dans le monde entier.

 

Abstract

In 1667, the construction of the Observatoire de Paris began. From the very beginning, it was a project that represented a breakthrough in the Europe of knowledge. It was conceived as a magnificent palace set in a vast park in the middle of other lighter constructions. Ideally, the savants of the new Académie des sciences, founded in a single act, will be able to stay, meet  and find all the facilities to engage in scholarly practice. For the king, it is above all a question of developing astronomical and geographical knowledge: the Observatoire is the reservoir of this crucial expertise and the symbol of its power and influence.

At the crossroads of the science studies, the history of astronomical observation practices and the studies on correspondence in the classical age, the aim of this thesis is to return to the history of the Observatoire, questioning once again the precise outlines of the initial project and the methods of its implementation in the Grand Siècle, which corresponds to the first decades of its existence. Revisiting the classic works of historians of science, our study is structured around a considerable number of letters and unpublished notes by Giovanni Domenico Cassini and his correspondents. Professor of astronomy in Bologna until 1669, royal astronomer and first courtier of Louis XIV thereafter, Cassini was called to France to give an opinion on the building under construction. He lived and worked there throughout the Grand Siècle : his manuscripts constitute a particularly rich source for studying this institution, questioning the fundamental choices concerning it and following the evolution of its purpose.

From this examination, we conclude that although other celestial observation sites have existed before, Cassini invented a new kind of organisation of pratique savante. Functioning without explicit rules, the Observatoire nevertheless greatly innovates in the organisation of collective work within an establishment dedicated to astronomical practice and in the constitution of networks of observers around the world working in a coordinated manner in pursuit of a common project at the service of the monarchy. In the thesis we show that the savant organises the Observatory around a concept that comes from his work on the Italian meridians, the esattezza of measurements and the gap between Earth and Sky. The techniques of the Observatoire will spread thanks to him: the networks of sociability of the Italian will condition the daily functioning of the establishment and the circulation of knowledge in the city and throughout the world.

EHESS
CNRS
MNHN
PSL
CollEx

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