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Projet scientifique 2019-2024

Orientations prospectives et structuration de la recherche

Le CAK, de par sa place dans le champ des études sur les sciences et les savoirs, se doit de contribuer à l’enrichissement et la diversification du domaine. La promotion des enquêtes sur de nouveaux objets, l’adoption de nouvelles approches et de nouvelles méthodologies, le développement d’une histoire sociale et culturelle ouverte aux développements de la sociologie et de l’anthropologie des sciences, attentive aussi aux reconfigurations de l’ensemble des sciences sociales, sont les horizons généraux en vue desquels le périmètre de la recherche a vocation à poursuivre son organisation au sein de l’unité. Les orientations scientifiques de l’unité pour les années à venir visent à prolonger et approfondir ces acquis.

L’idée qui animait la direction, en 2014, de lancer les bases d’un grand projet collectif de centre dont la vocation serait d’écrire une histoire de l’histoire des sciences depuis les années 1950, reposait sur un constat qui reste plus vrai que jamais. Il importe d’y insister, non seulement pour le monde académique, mais aussi pour que les étudiants puissent disposer d’un travail de référence susceptible de pointer les grands enjeux politiques, intellectuels et sociologiques des profondes reconfigurations qui ont marqué la période, dans une perspective qui est d’emblée internationale. Dans les prochains mois, on cherchera à trouver, auprès des nouvelles structures de recherche, des soutiens en vue de déposer un projet de livre qui verrait le jour dans le cadre du prochain quinquennal.

Les journées d’étude « Éditer l’histoire des sciences (France, XXe siècle) » (14-15 septembre 2017) souhaitent y contribuer en considérant le domaine sous l’angle de l’histoire, la sociologie ou encore l’anthropologie des pratiques éditoriales. L’objectif est d’interroger aussi bien les supports (revues, ouvrages, collections) dans leurs variations historiques et contextuelles, ainsi qu’à diverses échelles, de la fabrication d’un titre à la politique éditoriale d’une maison, que les acteurs (auteurs, traducteurs, directeurs de collections, éditeurs), les publics visés et le genre produit (vulgarisation, manuels, ouvrages encyclopédiques, ouvrages de recherche, revues savantes, revues à caractère militant ou politique…). Quels effets l’évolution de l’histoire des sciences et la démultiplication de ses approches comme de ses objets ont-elles eu sur les choix éditoriaux correspondants ? Comment les pratiques éditoriales ont-elles contribué à créer, à solidifier, ou à déstabiliser les frontières entre ouvrages de sciences de la nature, ouvrages de vulgarisation scientifique et ouvrages d’histoire des sciences au sens large ? L’objectif de ces journées d’étude sera donc d’examiner des cas précis d’entreprises éditoriales ou de publications françaises, sur une longue durée, celle du XXe siècle, et de croiser les analyses des historiens des sciences et des historiens du livre, en suscitant des questionnements communs.

Dès le début de son mandat en 2014, la direction a cherché à simplifier la structuration de la recherche au sein de l’unité ; c’est en ce sens que le projet pour les cinq années à venir ne repose plus sur une articulation de sept « pôles thématiques » et cinq « axes transversaux », mais sur quatre axesthématiques, constitués par affinités scientifiques électives : « Histoire croisée des sciences de l’homme, du corps et de la nature », « Sciences et savoirs, mondialisations et gouvernement des sociétés et des environnements », « Techniques, technologie, matérialité », et « Savoirs et modernités ». Ces axes ne sont pas étanches – des membres de l’unité peuvent se reconnaître dans plus d’un axe à la fois – ni n’ont de gouvernance propre, partant pas de responsable(s). Ils reflètent, en somme, les « attracteurs » principaux de la recherche telle qu’elle se fait au sein de l’unité en termes d’objets et de questionnaires, ainsi que les enjeux prospectifs à ce sujet à l’horizon 2022.

Ce réaménagement de l’organisation interne de la recherche sera le cadre, dès 2018, d’un état des lieux du domaine à l’échelle internationale, qui se traduira par la réalisation de plusieurs colloques de bilan et perspectives organisés respectivement par chacun des axes autour des thématiques qui les définissent, en opérant à la fois un retour critique et le tracé de perspectives nouvelles. L’année 2018, dont il n’est pas demandé de l’intégrer dans le projet de l’unité alors qu’on ne peut pas en faire non plus le bilan, s’avère pourtant significative au regard de la programmation scientifique, dès lors que ces colloques et les publications qui s’ensuivront serviront à jeter et consolider les bases sur lesquelles les quatre axes déploieront leurs travaux dans les cinq années à venir.

Ainsi le groupe de collègues investi dans l’axe 1 (« Histoire croisée des sciences de l’homme, du corps et de la nature ») organisera un colloque international sur les « Politiques et pratiques de l’interdisciplinarité » les 15 et 16 mars 2018. Il s’agit de la réunion clôturant un travail collectif financé par l’EHESS et mené depuis 2015. Il cherche à combler une lacune historiographique : l’absence de travail historique et sociologique sur l’émergence, la dissémination, mais aussi les débats autour de l’interdisciplinarité depuis la Seconde guerre mondiale. Le colloque donnera lieu en 2019 à une publication de référence.

Le groupe de collègues investi dans l’axe 2 (« Sciences et savoirs, mondialisations et gouvernement des sociétés et des environnements ») organisera un colloque international en fin d’année 2018. Intitulé « Savoirs, mondialisations et gouvernement des sociétés et des environnements depuis deux siècles », il lui permettra de se confronter aux spécialistes du champ à l’échelle internationale.

Le groupe de collègues investi dans l’axe 3 (« Techniques, technologie, matérialité »), organisera au cours de l’année une série d’événements scientifiques dont les thématiques précises, relevant du périmètre des thématiques qui définissent le périmètre de l'axe, restent à définir précisément.

Les collègues investis dans l’axe 4 (« Savoirs et modernités ») organiseront un colloque international sur organiseront un colloque international centré sur la question de la modernité dans l’histoire des savoirs : il s’agira tout à la fois de mettre en discussion les différentes catégories historiographiques associées à celle de modernité, qu’elles soient chronologiques (comme celle de Renaissance ou de Lumières) ou conceptuelles (comme celle de progrès ou de rupture), en mettant à l’épreuve différents objets sur lesquels se déploie l’histoire des savoirs au sein de l’unité (espace, nature, humain…) et différents lieux géographiques, institutionnels, informels. Il s’agira donc de proposer un décentrage pluri-scalaire, à partir duquel se croiseront des spécialistes des différentes disciplines structurant le domaine (histoire, sociologie, anthropologie, philosophie, arts) et travaillant sur différents milieux. Prévu en décembre 2018, le colloque se fera en partenariat avec la chaire d’histoire des sciences de l’IUE de Florence.

 

Projets d'axes

Axe 1. Histoire croisée des sciences de l’homme, du corps et de la nature

 

Membres titulaires : Sabine Arnaud, Emanuel Bertrand, Claude Blanckaert, Wolf Feuerhahn, Rafael Mandressi, Andreas Mayer, Marc Renneville, Laurence Talairach.
Membres associés, partenaires, honoraires et correspondants
 : Jean-Christophe Coffin, Arnaud Hurel, Christelle Patin, Nathalie Richard, Fernando Vidal, Jacqueline Carroy.

Nos recherches ont vocation, pour toutes celles qui sont en cours, à se poursuivre dans le cadre du contrat quinquennal à venir. C’est d’abord le cas des enquêtes sur l’interdisciplinarité. En mars 2018, le colloque « Politiques et pratiques de l’interdisciplinarité » constituera la contribution de l’axe au grand bilan du CAK sur la pratique de l’histoire des sciences et des savoirs. C’est aussi le cas des travaux sur l’histoire des sciences (au sens large). Emanuel Bertrand et Wolf Feuerhahn préparent un ouvrage de témoignages d’acteurs du domaine à paraître au Seuil. C’est enfin le cas des recherches sur les « objets-frontières ». Sabine Arnaud prévoit d’organiser plusieurs événements collectifs (colloques, journées d’études) pour explorer de nouveaux objets : la surdité et la longévité. Les pratiques et les usages de la traduction feront également l’objet d’enquêtes : en collaboration avec des collègues de l’Université de Bologne et de l’Université de Bochum, Andreas Mayer prépare ainsi une série d’ateliers internationaux et un dossier de la Revue d’histoire des sciences humaines sur « Traduire les sciences de l’homme ».

La restructuration en cours du Muséum offre l’opportunité de développer les collaborations interdisciplinaires à travers une archéologie des collections. Les objets sont étudiés comme l’une des archives de la science, en tant que porteurs et expressions tangibles de connaissances, de méthodes et de dynamiques scientifiques (personnelles, collectives, institutionnelles) sur un temps long. Le rapprochement sur projets avec les thématiques de l’axe transversal « Histoire et épistémologie de la préhistoire » de l’UMR 7194 (Histoire naturelle de l’Homme préhistorique) s’inscrit dans ce cadre. Il s’agira au premier chef de partir d’études de cas autour de sites et collections préhistoriques classiques appréhendés comme le pan matériel de moments de cristallisation de savoirs plus généraux – de la matérialité de la collection « historique » aux valorisations scientifiques (histoire, épistémologie, préhistoire). Deux projets permettant de naviguer entre différentes natures et échelles d’analyse sont déjà identifiés. Les recherches engagées depuis 2012 autour de l’affaire (1863) et du site de Moulin Quignon, de la préhistoire en vallée de la Somme, ouvrent la voie à de nouveaux développements majeurs sur le plan archéologique et offrent une nouvelle grille d’analyse historiographique des débats fondateurs de la préhistoire. En 2018, un colloque international permettra d’établir un état global des connaissances sur ces deux plans. Le projet « Réhabiliter un site (pré)historique : récolement et étude pluridisciplinaire des collections de Saint-Prest », validé en 2017 dans le cadre des projets exploratoires OPUS de Sorbonne Universités, s’inscrit dans la même perspective. Il s’agira de reprendre l’ensemble du dossier de l’homme tertiaire (l’anthropopithèque de Gabriel de Mortillet), d’analyser les débats (scientifiques, religieux) et la collection (objets, archives) dans leur contexte du XIXe siècle, puis de les étudier à l’aune des problématiques scientifiques et historiographiques actuelles.

À partir de 2018-2019, A. Mayer organisera des colloques et des ateliers à caractère international autour de la problématique des« objets récalcitrants » dans les sciences de l’homme (le mouvement, le geste, le rêve, la voix). Dans le domaine des sciences de l’homme appliquées à la justice, la plateforme numérique Criminocorpus, devenue en 2016 un musée numérique d’histoire de la justice, des crimes et des peines, souhaite promouvoir des projets d’expositions virtuelles à la croisée de l’histoire des sciences de l’homme et de l’histoire de la justice. Il s’agira notamment d’explorer les pratiques d’identification et d’évaluation des personnes (police scientifique, expertise judiciaire) et les savoirs mis en œuvre dans l’administration de la preuve judiciaire (définition du corps du délit, empoisonnement, etc.).

À partir de 2019, l’axe souhaite surtout lancer un programme d’enquête collectif intitulé « Le retour de la nature humaine ? Redéfinitions contemporaines de l’anthropologie ». Il s’agit de prendre pour objets d’étude l’ensemble des programmes, pratiques et réalisations qui considèrent que l’anthropologie doit désormais jouer le rôle de science fondamentale et conduire à redessiner les cartes des sciences de l’homme et leur articulation avec les sciences de la nature. L’objectif est de profiter des multiples compétences des chercheurs de l’axe travaillant sur l’anthropologie dans la variété de ses acceptions et du XVIe au XXIe siècle pour interroger la diversité des définitions et des pratiques portées par ces programmes, de l’anthropologie cognitive aux diverses formes d’ethnographies pragmatiques.

Axe 2. Sciences et savoirs, mondialisations et gouvernement des sociétés et des environnements

 

Membres titulaires : Sara Aguiton, Christophe Bonneuil, Jean-Baptiste Fressoz, Hélène Guillemot, Dominique Pestre, Kapil Raj, Isabelle Sourbès-Verger.
Membres associées : Andrée Bergeron, Soraya Boudia, Dominique Pestre, Kapil Raj, Sezin Topçu.

Il n’est pas envisagé de ruptures radicales dans les travaux de cet axe, mais des réorientations sont en cours. Globalement la structuration devrait perdurer car elle est adaptée à la situation présente. Quelques accentuations peuvent être identifiées :

- Sur l’histoire environnementale, une impulsion centrale sera donnée parle projet « Humanités environnementales à l’heure de l’Anthropocène », financé par PSL, dirigé par Christophe Bonneuil et impli­quant, outre les membres de l’axe, plus d’une soixantaine de chercheurs des écoles et universités qui composent la Comue (Centre international de recherche sur l’environnement et le développement [CIRED], Université Paris-Dauphine, etc.). En parallèle, un chantier collectif visant la rédaction d’une histoire environnementale de la France de l’époque moderne à aujourd’hui est lancé (elle est prévue en trois volumes et sera publiée aux éditions du Seuil).

- Une attention plus forte sera accordée aux approches « matérielles » et spatiales. Jean-Baptiste Fressoz et Christophe Bonneuil comptent développer des recherches sur les flux de matière dans l’étude de l’anthropocène, en lien avec des chercheurs de « sciences dures ». Andrée Bergeron et Charlotte Bigg envisagent d’accorder une attention croissante aux espaces de savoir (un numéro spécial de History of Science autour du thème « Spatial inscription of Science » est en préparation). Isabelle Sourbès-Verger s’intéressera à la variété des aires culturelles investies dans des programmes de politiques spatiales, au-delà des pays occidentaux et de la Russie. La publication d’un ouvrage collectif sur la Lune vue de l’Europe est prévue fin 2018 à l’occasion des 50 ans des vols Apollo.

- Des études plus nombreuses seront réalisées sur les marchés et les acteurs privés de la gestion des environnements depuis la Seconde Guerre mondiale.Dominique Pestre a entamé la préparation d’un livre sur les mises en économie et en politiques des questions environnementales depuis les années 1960. Sara Aguiton conduira ses inves­tigations sur la place des acteurs privés dans le secteur de l’assurance et leur rôle dans la construction d’instruments de gestion des risques climatiques au Nord et au Sud.

- Des recherches sur l’énergie et la place du droit, des travaux articulant l’histoire urbaine, coloniale et savante, mais aussi des recherches plus classiques de l’histoire des sciences (histoire de la génétique, des sciences physiques après-guerre) seront également conduites.

Axe 3. Techniques, technologie, matérialité

 

Membres titulaires : Alain Bernard, Charlotte Bigg, Giovanna Cifoletti, Anne Collinot, Pascal Dubourg-Glatigny, Liliane Hilaire-Perez, Rafael Mandressi, Andreas Mayer, Marie Thébaud-Sorger.
Membres associés, partenaires, correspondants et honoraires :
Andrée Bergeron, Patrice Bret, Guillaume Carnino, Christiane Demeulenaere-Douyère, Lionel Dufaux, Claudine Fontanon, Catherine Koblentz, Alain P. Michel, Pierre Mounier-Kuhn, Antoine Picon, Sylvain Wenger.

Cet axe est consacré à l’histoire des techniques entendue comme l’étude des activités humaines, matérielles et intellectuelles. Il prolonge l’axe précédent « Évolution, temporalité, genèse dans les techniques » et élargit son périmètre à la dimension sensorielle et matérielle des savoirs, dans leur production et leurs appropriations, sur la longue durée. Trois thèmes structurent le projet.

1 - Histoire des arts, histoire des techniques, histoire des sciences. Fort des travaux produits autour de la technologie comme science des arts et des apports fondamentaux de Pascal Dubourg-Glatigny et d’Hélène Vérin, l’axe mènera une série de travaux sur les catégories d’« art », de « science » et de « technique » qui depuis longtemps structurent la perception et l’étude des savoirs. Cette recherche s’appuiera sur plusieurs colloques, dont l’un coorganisé avec l’université de Genève, « Produire du nouveau ? Arts – Techniques – Sciences en Europe (1400-1900) » (Université de Genève,23-25 novembre 2017). Cette question peut être abordée sous l’angle de l’histoire des sociétés à caractère industriel ou technique. Le rôle de ces institutions dans la constitution de disciplines (récemment, dans l’informatique par exemple) sera analysé. Le dépôt d’un projet de prosopographie de ces sociétés est prévu en lien avec l’annuaire La France savante, du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS), afin d’étudier les catégories d’acteurs et leur participation aux comités des sociétés définissant des catégories de savoirs.

L’analyse du rôle des acteurs dans la construction de ces catégories mais aussi dans leur dépassement sera entreprise à travers, d’une part, les Journées Hélène Vérin annuelles consacrées aux ingénieurs et à leurs interactions avec les mondes des arts et des sciences, et d’autre part, par la poursuite d’une dynamique existant au CAK sur l’histoire des femmes et des savoirs (collaboration avec l’Institut national de la propriété industrielle [INPI] sur « Femmes, techniques, invention »).

2 - Techniques intellectuelles, techniques matérielles. Le CAK a été un acteur central du renouvellement historiographique qui a transformé l’histoire des sciences en une histoire des savoirs focalisée sur les pratiques. Cette approche nourrit les réflexions sur les techniques matérielles et intellectuelles du travail savant. C’est par exemple l’écriture par problèmes, questions et énigmes, étudiée dans le cadre du projet du LabEx HASTEC « Séries de problèmes au carrefour des cultures », et de séminaires collectifs avec des collègues extérieurs tels que « Pratiques, artefacts et mathématiques : ethnomathématiques, anthropologie, histoire » ou « De la pratique à la théorie. Comptes et mesures des marchands en Mésopotamie et en Europe de la Renaissance ». Ce sont aussi les techniques en apparence banales, comme l’emploi du temps des chercheurs ou l’organisation de leur espace de travail, instruments essentiels du travail intellectuel. L’étude des dispositifs qui participent d’une histoire concrète de l’abstraction donnera lieu à une Journée Hélène Vérin sur les « Manuscrits d’ingénieurs, XVe-XVIIIe s. » (18 novembre ou 2 décembre 2017).

Approcher les savoirs par le prisme des techniques implique de reconnaître le rôle du sensible et de l’expérience incarnée dans la construction et la circulation des savoirs, par exemple les dispositifs matériels de vulgarisation et d’enseignement de l’astronomie qui depuis l’époque moderne cherchent à susciter des expériences spatiales et corporelles spécifiques à visée pédagogique (projet collectif « Astronomie spectaculaire », Atelier au planétarium du Théâtre des Amandiers, Nanterre, mars 2018). À cette fin, de nouveaux corpus et types de sources doivent être mobilisés au-delà des imprimés, des manuscrits, des images et des objets, tels les enregistrements sonores ou cinématographiques, témoignant que les savoirs n’existent pas indépendamment de leurs supports (séminaire franco-allemand « Matières premières du savoir », mai 2018).

Plus largement, la vie des objets fera l’objet de recherches, comprenant l’étude de la constitution et des usages des collections et celle de la construction idéologique des artefacts. D’autre part, le thème fera l’objet d’un travail collectif sur les arts de faire (colloque « Réparations, cultures techniques et savoir-faire (histoire, sciences sociales) », en 2019, avec l’université de Neuchâtel et le Musée d’horlogerie de la Chaux-de-Fond). L’étude du sensible et de la matérialité dans l’élaboration, la diffusion et l’appropriation des savoirs sera également abordée sous l’angle de la performance et de la médiation. Poursuivant le travail interdisciplinaire engagé sur les « reconstitutions » (Ateliers Condorcet), il s’agira de nourrir une réflexion sur les dispositifs matériels et les gestes dans leur dimension intellectuelle, sensible et cognitive (projet collectif « Matières à penser », séminaire « L’expérience des techniques », session au congrès SHOT « The public theater of technology », Milan, 2018).

3 - Les techniques-mondes. Enfinle dernier volet concerne l’étude des circulations techniques à l’échelle globale, un thème nécessitant une connaissance fine des procédés, des produits, des passeurs, des circuits. C’est ce qui motive la participation du CAK au LIA sur « La circulation des objets émaillés entre la France et la Chine (milieu XVIIe – milieu XIXe siècle) : interactions techniques, culturelles et diplomatiques » (2017-2022). En parallèle, l’axe développera des relations avec le Global History and Culture Centre de l’université de Warwick à partir d’un projet IRIS (PSL), en 2018, sur « Circulations of knowledge in early modern worlds ». Ces dynamiques d’internationalisation des techniques étant cruciales dans la globalisation contemporaine, les membres aborderont l’étude des big data et des langages de programmation dans le cadre de l’essor mondial des industries informatiques. Ce projet s’inscrira dans le cadre territorial de Plaine commune, compte tenu de l’importance du tissu industriel et des ressources d’enseignement technique et de la situation nouvelle du CAK sur le Campus Condorcet.

Axe 4. Savoirs et modernités

 

Membres titulaires : Fabio Acerbi, Charlotte Bigg, Pascal Dubourg-Glatigny, Rafael Mandressi, Antonella Romano, Marie-Thébaud-Sorger.
Membres associés et honoraires : Elisa Andretta, Anne Carol, Pierre-Yves Lacour, Marie-Noëlle Bourguet.

L’axe « Savoirs et modernités » résulte d’une redéfinition du périmètre de celui qui s’intitulait, dans le projet quinquennal 2014-2018, « Sciences et savoirs de la première modernité ». Cette inflexion rend compte d’une évolution récente dans les découpages chronologiques de l’histoire des sciences, des techniques, de la médecine et des savoirs, dont les raisons sont nombreuses et à approfondir. Si on peut en effet constater que la notion de « première modernité » utilisée pour rendre compte de la période chronologique que la langue anglaise qualifie de early modern s’est rapidement imposée, dans les quinze dernières années, contre des catégories historiographiques problématiques comme celle de « période classique » ou d’« âge baroque », elle n’a néanmoins pas toujours su que faire de la catégorie de « moderne », tout à la fois conceptuelle et chronologique. Ce problème, comme nous avons pu le constater à confronter nos travaux, n’est pas propre aux XVIe-XVIIIe siècle, notamment parce que l’histoire des savoirs a conduit à mettre en question le singulier de « modernité » pour prendre au sérieux les propositions issues de la sociologie ou de l’anthropologie des sciences qui suggèrent de réfléchir à des modernités multiples, parallèles et concurrentielles, distinctes et polymorphes, qui ont pour effet majeur de déstabiliser le récit de la science associée à la modernité, et ce sur les cinq derniers siècles.

Les activités déjà engagées au sein de cet axe seront poursuivies pour l’essentiel, mais afin de prolonger la logique des questionnements dont elles sont porteuses, il a paru important d’introduire des inflexions, voire des réaménagements. Aussi a-t-on décidé d’ouvrir encore le champ critique en décloisonnant la chronologie, pour cibler davantage le caractère hypothétique des opérations de périodisation. Autrement dit, la « première modernité » ou l’époque moderne deviennent plus fortement encore une problématique à part entière et non pas seulement un acte de découpage chronologique, si disputé et conjectural soit-il, dont on ferait l’économie de discuter le terme fondamental, qui est bien celui de modernité. D’où le choix du pluriel, modernités, afin de mieux marquer où se situe le nœud d’une réflexion qui a vocation à dépasser, tout en en tenant compte mais plutôt comme objet d’étude, les frontières tenues pour pertinentes pour distinguer des époques.

La notion même d’époques ou de périodes demande à être interrogée, sous l’angle des régimes d’historicité qui ont permis, entre autres, l’établissement des grands paradigmes de la modernité, notamment par les sciences. La « science moderne » a-t-elle jamais existé, en dehors des critères de modernité fixés a posteriori par les « modernes » ? Comment saisir le changement, l’innovation, sans sacrifier aux effets de seuil massifs mis en cohérence par les récits de basculement que proposent les historiographies sous-tendues par l’idée de rupture « révolutionnaire » ? Voilà des questions dont on veut faire le lieu de convergence dans un axe où le « contemporain » et le « médiéval » ont vocation à être interrogés à la même aune, où la notion d’un « ancien régime des savoirs » doit être mise à l’épreuve, où les modernités relèvent de la matière réflexive vouée à devenir un enjeu de la mise en histoire des sciences et des savoirs.

En poursuivant la réflexion sur les articulations situées des sciences et des savoirs, on entend ainsi développer les enquêtes sur les espaces urbains, autour de l’hypothèse qu’ils cristallisent au triple plan des configurations sociales, de l’histoire matérielle et visuelle, des « lieux de savoir » où s’arbitrent les légitimités. Mais les espaces urbains permettront aussi de penser les jeux d’échelles spatio-temporelles de la configuration des disciplines, de l’opposition des savoirs et des croyances ou du moins de l’élaboration de telles oppositions.

En fonction de ces redéfinitions, cet axe intégrera des recherches de collègues contemporanéistes ou médiévistes. Il en est ainsi pour Charlotte Bigg, dont les travaux portent principalement sur la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, période pour laquelle il existe plusieurs ensembles historiographiques qui traitent de modernité de manière différente (histoire des médias, histoire de l’art, histoire culturelle, histoire des sciences). Aussi sera-t-il question, dans ses recherches, de se pencher sur les tenants et les aboutissants de ces conceptions de la modernité, en rapport avec d’autres historiographies. Les contextes urbains sont essentiels pour saisir l’élaboration de ces modernités tardives ; une question centrale ici aussi est le rôle souvent attribué aux sciences et techniques comme vecteurs de la modernité, impliquant un régime d’historicité particulièrement tourné vers l’avenir.

Les « révolutions scientifiques » de 1900 ont commencé à faire l’objet d’une révision critique mais certainement pas aussi globale et aboutie que pour la première modernité. Pour l’histoire des sciences de la nature, il y a désormais des travaux réflexifs et critiques sur l’émergence des mathématiques et de la physique « modernes » (le terme est moins central pour les autres sciences de la nature), étudiées en lien ou non avec des développements culturels plus larges. Pour ces cas, la construction de la modernité n’est pas seulement rétrospective, mais est revendiquée par les acteurs eux-mêmes. La place des sciences mathématiques, physiques, astronomiques dans l’élaboration des périodisations en histoire (et philosophie) des sciences doit être interrogée, ainsi que l’effet qu’a pu avoir la relative éclipse de ces objets ces dernières décennies sur les périodisations, tout comme les rapports généalogiques qu’ont pu entretenir les rhétoriques successives de la modernité. Interroger les modernités, enfin, pose en filigrane la question des conceptions continuiste ou discontinuiste de l’histoire des sciences.

Fabio Acerbi, qui intégrait, dans le quinquennal précédent, le pôle thématique « Histoire sociale et culturelle des savoirs mathématiques », est quant à lui porteur de recherches qui ont vocation, dans ce nouvel axe, à ouvrir, aussi bien sur le plan spatial que chronologique, les interrogations sur les « modernités » des savoirs du côté de la textualité savante médiévale dans le contexte byzantin. Il se propose de poursuivre ses travaux sur le corpus scientifique gréco-byzantin, dans une approche qui accorde une position centrale à l’âge byzantin, dont la production savante constitue un prélude à la « première modernité ».

Deux lignes de recherche se dégagent en ce sens. La première vise à saisir comment et moyennant quelles opérations les ouvrages mathématiques grecs ont été transmis. Pour ce faire, il s’agit d’adopter une approche nouvelle par rapport à la pratique philologique des éditions critiques, abandonnant le mythe du « texte original » pour mettre en valeur tant les opérations savantes qu’un ouvrage a subies pendant sa transmission manuscrite que l’impact de celles-ci sur la réception de l’ouvrage et sur les élaborations scientifiques postérieures. La deuxième ligne de recherche concerne l’étude des systèmes savants byzantins, qui reste à enrichir en investissant des perspectives comme l’appropriation d’une tradition littéraire spécifique (les sciences grecques) par une civilisation qui se considère en continuité stricte avec son prétendu modèle, l’appropriation d’une tradition scientifique (l’astronomie arabe) qui entrait en conflit avec le modèle grec, et une sociologie des mathématiques byzantines, qui offrent un cas d’étude unique d’interrelations entre pratiques scientifiques et enjeux politiques et ecclésiastiques. Une piste de recherche ultérieure est l’étude des copistes et des possesseurs des manuscrits scientifiques grecs transcrits avant la chute de l’empire byzantin en 1453, ainsi que des concentrations libraires qui se sont formées, avec des buts de conservation, après cette date et qui formeront une des bases matérielles de la renaissance scientifique en Occident.

Dans le prolongement de ses travaux sur les milieux médicaux parisiens, Rafael Mandressi développera, dans deux ouvrages en préparation, des enjeux qui permettent d’en faire une histoire politique. D’une part, ceux que l’on peut relever au « premier XVIIe siècle » et que l’historiographie majoritaire a délaissés en raison d’approches par trop tributaires d’un progressisme iatrocentré, et d’autre part ceux qui appartiennent à la seconde moitié du XVIIIe siècle, en particulier autour de la carrière et les travaux de Félix Vicq d’Azyr (1748-1794). R. Mandressi mettra par ailleurs en place un projet de recherche sur l’édition savante aux XVIe et XVIIe siècles, dont l’objectif est de cerner le rôle des ateliers d’imprimerie et des imprimeurs en tant que lieux et acteurs cruciaux dans l’économie de savoirs. Une journée d’étude sera ainsi organisée en 2019, suivie par d’autres dans les années à venir, afin de focaliser, dans un premier temps, sur des pôles éditoriaux européens (Anvers, Bâle, Venise, Rome, Paris), mais aussi, ensuite, extra-européens (Goa, Mexico), et leurs interconnexions.

Antonella Romano et Elisa Andretta portent, avec le soutien de l’École Française de Rome, un projet collectif et international de recherche, « Babel Rome », qui a été lancé dans la seconde moitié de 2016 et qui se déploiera sur cinq ans. Rafael Mandressi fait partie, quant à lui, de l’équipe de chercheurs qui y participent, aux côtés d’autres collègues, travaillant dans des universités ou des organismes de recherche en France, en Italie, en Espagne et au Portugal. Ce projet s’inscrit dans une perspective d’histoire globale des savoirs qui prend la Rome du XVIe siècle pour son épicentre. Il porte sur l’analyse des gestes savants et ordinaires qui ont accompagné la transformation de l’Urbs en ville-monde au moment de la première mondialisation. Il part en effet de l’hypothèse selon laquelle, au XVIe siècle, l’élargissement du monde à ses quatre parties a imposé à l’état pontifical de déployer un nouvel agenda de connaissance du globe en mesure de lui assurer les moyens de son magistère universel. Il vise à aborder cet agenda de connaissances par un biais original, celui de la recherche des articulations des savoirs naturalistes et des savoirs linguistiques, deux domaines de savoir partageant des lieux, des acteurs, des objets, des méthodes, et connectés à travers les opérations intellectuelles qu’ils mobilisent. Il envisage, pour ce faire, de porter une attention particulière aux liens privilégiés entre Rome, le monde ibérique (extensions coloniales incluses) et les territoires de la péninsule italienne acteurs antérieurs de l’extension des horizons européens à partir de leurs activités commerciales, Venise et Gênes ouvrant la voie à l’analyse du monde ottoman, entre autres.

« Babel Rome » se situe ainsi à la croisée de plusieurs historiographies qu’il s’agit de faire dialoguer. Du point de vue des domaines, il s’agit de l’histoire des sciences et des savoirs, de l’histoire de l’érudition, qui est devenue celle de pratiques culturelles, ce qui permet d’en faire un des domaines de l’histoire des savoirs, et l’histoire diplomatique et politique, qui a récemment permis d’envisager les formes de la centralité romaine et l’importance de l’axe Rome-monarchies ibériques. Du point de vue des méthodes, il s’agit de l’histoire globale, dont les débats méthodologiques ont peu été envisagés du point de vue de l’histoire des savoirs et pour la Renaissance. Le projet se déploiera entre des moments de recherches individuelles et des moments de confrontations collectives. Selon l’état d’avancement du projet, on prévoit un rythme annuel de deux rencontres par an, à Rome, Lyon, Paris et Reims notamment. Après deux premières rencontres en 2016, destinées à préciser les orientations de la recherche, le modus operandi et les objectifs précis, les suivantes auront lieu sous deux formats différents : les réunions centrées sur des questions d’ordre thématique ou méthodologique pointues, et celles consacrées à la présentation/discussion des résultats provisoires, dans le cadre de manifestations de deux à trois jours, avec des collègues externes au projet.

Le programme de recherche « Les arts visuels, les sciences humaines et sociales : confrontations, dialogue et malentendus », dirigé par Pascal Dubourg-Glatigny, vise quant à lui l’étude des productions artistiques en tant qu’elle est constamment soumise à l’injonction binaire soit de se soumettre à l’emprise des sciences humaines et sociales soit d’affirmer son autonomie intellectuelle. Cette alternative fait l’impasse sur les processus créatifs, de qui prennent en considération, utilisent, transforment, commentent ou contestent les corpus savants produits par les sciences de l’homme et de la société. Dans le cadre du prochain quinquennal, l’accent sera mis sur les œuvres, issues de toutes les périodes historiques de la Renaissance à nos jours, qui dépassent le niveau de la pure illustration et engagent un dialogue sur les contenus et les méthodes. Ce programme, qui s’appuie sur des collaborations internationales (le Centre Marc-Bloch de Berlin, le Centre allemand d’histoire de l’art de Paris, l’École française d’Athènes et l’Université de Kassel), engage un dialogue entre spécialistes de l’art (historiens et philosophes), chercheurs en sciences humaines et artistes engagés dans ces thématiques. Il est composé d’un atelier à Berlin (1er-2 juin 2017) sur « les traces de l’histoire », d’un atelier à Athènes (23-27 juin 2017) sur « l’archipel des savoirs et des hommes », un atelier à Kassel (7-8 septembre 2017) sur « globalisation et fragmentation », un séminaire annuel à l’EHESS (2017-2018) sur « Le partage des savoirs : entre arts visuels et sciences humaines » et un colloque au Palais de Tokyo (printemps 2018).

L’axe « Savoirs et modernités » compte déjà des espaces de travail dans des séminaires de recherche. Ainsi le séminaire « Savoirs et productions du monde au XVIe siècle », dirigé par Antonella Romano à l’EHESS avec la participation de Jean-Marc Besse et Rafael Mandressi, offrira une plateforme permanente de discussion et de présentation de dossiers liés au projet « Babel Rome ».

Le séminaire « Corps, textes et sociétés : les médecins et la saisie du monde dans la première modernité », dirigé par Elisa Andretta et Rafael Mandressi, est quant à lui le lieu de déploiement d’un programme de recherche qui vise à explorer le rôle des médecins et des cultures médicales dans les configurations intellectuelles, sociales et politiques du système des savoirs en Europe entre le XVe et le XVIIe siècle.L’objectif est de réévaluer les opérations de saisie du monde, de la nature et des hommes à partir du réexamen du fonctionnement du champ médical de la première modernité. On fait l’hypothèse que les médecins pris comme acteurs centraux dans la structuration de milieux et de réseaux savants et lettrés est à même d’apporter des éclairages nouveaux sur la fabrique des savoirs et leur économie cognitive, institutionnelle, politique et sociale dans un « long XVIe siècle ». L’enjeu est aussi de nature historiographique, dès lors qu’il est question de déplacer des accents et des centres de gravité – chronologiques, thématiques, spatiaux – ayant marqué aussi bien l’histoire de la médecine que l’histoire des sciences et des savoirs. Ce séminaire devra aboutir, dans un horizon de quatre à cinq ans, à la publication d’une monographie proposant une relecture du système des pratiques et des cultures savantes de la première modernité, à la lumière de l’étude des mondes médicaux. Une première expression de ce travail, qui en expose de façon préliminaire un certain nombre des attendus, est le dossier « Médecine et médecins dans l’économie des savoirs de l’Europe moderne (1500-1650) », dirigé par Elisa Andretta et Rafael Mandressi, paru à l’été 2017 dans le 11e numéro de la revue Histoire, médecine et santé.

Un autre séminaire de recherche relève de cet axe, « Histoire de la médecine et des savoirs sur le corps », dirigé par Rafael Mandressi et Anne Carol, qui aura pour objet principal les articulations, au sein des savoirs médicaux et, plus largement, des savoirs sur le corps, aussi bien que des historiographies s’y rapportant, entre le « moderne » et le « contemporain », en mettant en question la césure, nourrie à maints égards par l’œuvre de Michel Foucault, couramment située entre la fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe siècle. La thématique du « corps mort » sera privilégiée en ce sens, aussi bien sous l’angle des pratiques funéraires que des usages savants du cadavre.

Un séminaire collectif d’axe sera enfin mis en place dès 2019, consacré à l’étude critique des « modernités » comme catégorie historiographique. Ce séminaire d’axe pourra s’appuyer, en les prolongeant, sur les acquis d’un autre séminaire collectif, « Sciences et savoirs : histoires et historiographies », qui s’est tenu entre 2009 et 2014 au CAK, comme expression d’un des axes du précédent contrat quadriennal.Il ambitionne d’être l’espace de la mise en œuvre d’un projet peu avancé dans le cadre du quinquennal initié en 2014, à savoir une histoire de l’histoire des sciences, rejoignant ainsi les préoccupations de l’axe 1.

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