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Colloque international - Homo Logicus II : L'enfance de la logique, logiques « natives »

15 et 16 juin 2017 - EHESS, 105 boulevard Raspail 75006 Paris

Colloque international - Homo Logicus II : L'enfance de la logique, logiques « natives »

Organisatrices

Julie Brumberg-Chaumont (CNRS/LEM/PSL) et Antonella Romano (EHESS/CAK).
Avec le soutien de Stéphane Van Damme (EUI, Florence) et Alain de Libera (Collège de France).
 

Le projet Eurologic sur le site du Collège de France

 

 

 

Programme

Jeudi 15 juin 2017 - Salle 13

 

 

9h - 9h30 : Introduction par Julie Brumberg-Chaumont (CNRS/LEM/PSL)

 

9h30 - 10h15 : Scott Pratt (University of Oregon)

"On the Primacy of Ententional Logic"

In this project, I will discuss a precise description of a ‘primary logic’ that is ententional, modal, and paraconsistent using the resources of Royce’s idealist logic, C. S. Peirce’s conception of “generals,” and recent work in paraconsistent logics.  The purpose of such a primary logic is its potential to provide a critical tool in the study of human culture and activity that will show the ways in which cultural difference is structured by the ways in which the habits of culture extend primary logic into more limited forms. The resulting logic will support a fundamental pluralism (of logics and cultures) that may have the potential to reframe the present relation of indigenous peoples and dominant cultures.

 

10h15 - 10h30 Pause café

 

10h30 - 11h15 : Claude Rosental (CNRS/CEMS-IMM)

« La ‘logique floue’ (fuzzy logic) entre approches culturalistes et universalistes de la logique »

La ‘logique floue’ est une théorie développée à partir des années 1960 qui a connu un succès important dans les années 1990 dans les domaines de l’intelligence artificielle et de l’automatique, tout en y suscitant d’importantes controverses. Je voudrais montrer comment cette théorie a été marquée par la confrontation d’approches culturalistes et universalistes de la logique. A cette fin, j’analyserai en particulier les termes d’un débat portant sur le caractère non contradictoire de la logique floue. Je montrerai notamment comment la logique floue a pu être présentée par certains auteurs comme indissociablement liée à un mode de pensée oriental et à une civilisation asiatique, et comme une théorie dont les subtilités ne pouvaient pas être saisies par des concepts associés à une civilisation occidentale et à une tradition de pensée aristotélicienne, tels que ceux de logique binaire et de paradoxe.

 

11h15 - 12h : Natacha Collomb (CNRS/IRIS / UMR8156 - U997)

« Peut-on raisonner sans les mots pour le dire ? Quand les psychologies du développement et cognitive se penchent sur la pensée des bébés »

Cette intervention tentera d’articuler deux questions. La première adresse le vaste problème du lien entre langage et pensée tel qu’il se manifeste dans le contexte très spécifique de l’exploration, en particulier par les psychologies cognitive et du développement, du psychisme de l’enfant avant l’usage de la parole. La deuxième se préoccupe des conditions d’élaboration, tant théoriques que méthodologiques, d’une anthropologie des psychologies des nourrissons. Dans le cadre de ce workshop, elle se saisira de ce problème à travers une réflexion sur le rôle attribué par ces psychologies au regard de l’observateur, de l’expérimentateur et du nourrisson lui-même, comme révélateur d’une pensée pré-linguistique.

 

12h - 14h Pause déjeuner

 

14h - 14h45 : Roberto Frega (CNRS/CEMS-IMM)

« ‘Some stages in logical thought’ : des certitudes natives aux doutes acquis »

En 1900 John Dewey publie un texte qui reprend la thèse célèbre du fondateur du pragmatisme sur la fixation des croyances pour en donner une interprétation évolutive qui fournit une esquisse des étapes de la pensée logique. Je me propose de partir de ce texte et de le mettre en relation avec des ouvrages pédagogiques où la question de la pensée des enfants est mise au premier plan, afin d’étudier les rapports entre enfance de la logique et logique des enfants, telle qu’elle émerge dans la théorie deweyenne de l’intelligence.

 

14h45 - 15h30 : Jean-Yves Béziau (Université Fédérale de Rio de Janeiro)

« Jean Piaget, le développement de l'intelligence et de la logique »

Piaget est connu pour avoir étudié le développement de l'intelligence chez l'enfant et avoir établi un parallèle avec le développement de la rationalité humaine (épistémologie génétique). Dans notre conférence nous réexaminerons les théories de Piaget au vue   de l'histoire de la logique et nous discuterons de comment l'on peut  voir l'évolution de la rationalité considérant les récentes avancées de la logique.

 

15h30 - 16h Pause café

 

16h - 17h30 : Table ronde animée par Frédéric Keck (Musée du Quai Branly), Sophie Houdard (CNRS UMR 7186), et Antonella Romano (EHESS/CAK).

 

Vendredi 16 juin 2017 - Salle 8

 

9h30 - 10h15 : Rafael Mandressi (CNRS/CAK)

« Raisonnement, certitude et usages de la logique chez les médecins universitaires en Europe au XVIe siècle »

La logique aristotélicienne est au XVIe siècle un des outils par lesquels les médecins universitaires manient la doctrine, élaborent un savoir sur le corps et sur la nature, conduisent leurs démonstrations. Il s’agira de cerner, à travers des textes de médecine théorique produits par des médecins dits ‘rationalistes’, la mise en œuvre de procédures logiques et leur adaptation, ainsi que leurs effets sur le statut du savoir médical et l’organisation de ses objets, en particulier en matière d’anatomie.

 

10h15 - 10h45 Pause café

 

10h45 - 11h30 : Dominique Poirel (IRHT/CNRS)

« Les antidialecticiens au Moyen Âge: mythe historiographique ou réalité ? »

L’essor de la logique dans l’Occident latin, à partir du XIe siècle, et son application aux données de la foi chrétienne ont d’abord suscité des réactions critiques, en particulier chez les moines bénédictins, attachés à une pratique moins raisonnante et plus méditative de la lecture biblique et de la théologie. Les historiens des idées ont coutume de regrouper plusieurs d’entre eux sous l’étiquette d’ ‘anti-dialecticiens’. Les auteurs ainsi désignés forment-ils un front cohérent ? Expriment-ils une position commune face à la logique aristotélo-boécienne des écoles ? Peut-on à l’inverse discerner chez eux des modes alternatifs de rationalité ?

 

11h30 - 12h15 : Julie Brumberg-Chaumont (CNRS/LEM/PSL)

« Le rôle de la logique dans la perfection de l’homme chez les ‘philosophes’ au 13esiècle: l’homme ‘un sens homonyme’ et autres animaux »

La dimension anthropologique de la théorie de la ‘félicité philosophique’ comme forme de vie théorétique pleinement humaine et perfection ultime de l’homme a déjà été soulignée, en particulier sous l’espèce de son « élitisme ». Il s’agira d’aborder le problème sous un nouveau jour, en décrivant de façon  précise les modalités de l’exclusion explicite de groupes sociaux comme autant de ‘sous-hommes’ ou d’hommes ‘en un sens homonyme’, pour reprendre l’expression d’Averroès, privés de raison ou de son usage (bêtes brutes, débiles mentaux, hommes bestiaux, illettrés, fous,  etc.), et comment la logique, discipline désormais régnante dans le système éducatif médiéval, joue un rôle fondamental comme instrument de la science, norme de la raison et balise de la perfectibilité humaine.

 

12h15 - 14h Pause déjeuner

 

14h - 14h45 : Fabienne Brugère (Université Paris 8)

« L'éthique du ‘care’ est-elle féminine ou féministe ? »    

Lorsque Carol Gilligan publie In a different Voice en 1982, elle établit que les questions morales peuvent être appréhendées par le biais du genre. Mais, quasiment en même temps, Nel Noddings publie Caring (1984) pour y défendre la pertinence d'une morale féminine enracinée dans le souci des autres. Alors qu'une éthique du care naturaliste comme celle de Noddings  semble réactualiser les sentiments moraux en les déplaçant dans une compréhension sexuée de la morale, celle de Gilligan permet d'interroger plus fondamentalement les places des femmes et des homme dans la société, les places des sentiments et de la raison, de la morale et de la politique, du privé et du public. La première est une éthique féminine, la seconde rend possible une éthique féministe et une révolution éthique, puis politique. 

 

14h45 - 15h30 : Irina Metzler (Swansea University)

« Illogical Thinking: Perspectives on medieval notions of ‘idiocy’ and ‘rationality’ » 

This presentation will look at the ‘alogon’, the non-speaking and therefore the presumed non-rational person, whose fully human status was debatable and debated during the Middle Ages, following a development that especially arose from the new intellectual culture of the universities and the impact of Aristotelianism in the 13th century. Persons who were congenitally intellectually disabled, as the modern definition has it, could in medieval thinking sometimes reside at the interstices of human, and therefore supposedly fully rational, and non-human (animal?) being, an in-between position often defined according to the individual's capacity for language and speech, hence the importance of the term 'alogon'. Children, animals, intellectually disabled but also congenitally deaf people could all be considered 'alogon' due to their lack of speech. These according to modern classification disparate categories demonstrate that medieval systems of knowledge used different schema to make sense of the world than modern medico-scientific concepts.

 

15h30 - 16h15 : Claude Blanckaert (CNRS/CAK)

« Logique naturelle, antilogies anthropologiques : les pensées sauvages au XIXesiècle »

Dans une perspective moniste assumée, les anthropologues du xixesiècle considéraient que les opérateurs fondamentaux de la pensée – analyse et synthèse, abstraction et généralisation, induction et déduction – étaient homogènes dans toute la série animale et humaine. Reflet de la réalité objective, la loi logique régissant le double monde matériel et moral s’avérait universelle et constante. Les capacités intellectuelles variaient donc seulement du plus au moins, comme la « perfectibilité », en fonction soit du développement organique, lui-même proportionné à la courbe avantageuse ou non des volumes cérébraux, soit de l’adaptation présumée des réponses aux sollicitations de l’environnement. Le mouvement, ici dynamique, de la civilisation devait traduire cette faculté rectrice de la pensée par laquelle l’Homo sapiens s’arrache à sa gangue animale. Or l’inertie des peuples ‘sauvages’, leur versatilité ou tout autre trait psychologique s’opposant à la maîtrise raisonnée de la nature, a paru accentuer le grand partage entre les races dites ‘progressives’ et les races stationnaires, ‘régressives’ ou ataviques, toujours déficitaires, celles qui tournent dans un cercle étroit d’idées et qu’on a, de fait, couramment assimilées au singe rétif, à l’enfant et… à la femme. Ces destins contrastés, et même oppositionnels, ont été codifiés sous le concept de ‘loi des contraires’. Elle donnait carrière à de savantes rationalisations sur la réversion d’un potentiel initial à l’âge de la puberté qui frapperait sélectivement l’animal et toutes les races ‘inférieures’, à l’exclusion des Occidentaux ‘progressifs’. Aussi bien cette ‘métamorphose régressive’, commentée en France durant tout le xixesiècle, désavouerait-elle la ‘logique naturelle’ ?

 

16h15 - 16h30 Pause café

 

17h - 17h30 : Conclusions par Antonella Romano et Julie Brumberg-Chaumont

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