Membres | Doctorants

Matti Leprêtre

matti-lepretre
Doctorant
Institution(s) de rattachement : CNRS, EHESS

EHESS, formation Savoirs en sociétés, contrat doctoral 2020-2023

Coordonnées professionnelles

Centre de Recherche Médecine, Sciences, Santé, Santé mentale et Société

Unité Inserm 988 - UMR CNRS 8211 - EHESS - Université Paris Descartes

Bâtiment C aile nord. 7, rue Guy Môquet. 94801 Villejuif cedex

matti.lepretre[at]gmail.com

Thèse en préparation

Entre quête de pureté et préservation de la complexité de l’action organique : construire l’identité thérapeutique des plantes en contexte d’industrialisation (Allemagne-France, 1850-1945), sous la direction Jean-Paul Gaudillière (Cermes3) et Anne Rasmussen (CAK).

Cette thèse a pour objectif d’étudier la manière dont se réinvente l’identité thérapeutique des plantes dans un contexte d’industrialisation et de chimicalisation de la production du médicament. Comment la plante devient-elle un médicament « naturel », et par opposition à quelle artificialité ? Comment l’industrialisation transforme-t-elle les techniques de séchage et de conservation des plantes, ainsi que les méthodes d’extraction de leurs propriétés ? De manière centrale, il s’agira d’étudier, dans un contexte de montée en puissance de la « vision moléculaire » du médicament, les ambivalences de discours qui mettent en avant et la nécessité d’aboutir à un principe actif « pur » (permettant la production en masse), et celle de préserver la complexité de ce qui est encore perçu par certains comme un composé organique (devant faire l’objet d’un traitement différent de ceux inorganiques). On cherchera à analyser le travail de frontières par lequel des remèdes végétaux qui constituent jusqu’au début de notre période l’essentiel de la pharmacopée en viennent à être perçus comme appartenant aux « marges » de la médecine, tout en insistant sur le caractère relatif de frontières qui varient selon les lieux, les acteurs et les périodes, et ne concernent que certains agents thérapeutiques à base de plantes (témoin la saga des alcaloïdes). Il s’agira moins d’analyser la supposée marginalisation des plantes que la construction d’une telle perception, qui va de pair avec un sentiment de perte de « la nature » propre à l’industrialisation. En tenant compte à la fois des perspectives des scientifiques, de l’activité des industriels et des rapports ordinaires à la plante, notre but est de proposer une anthropologie symétrique de la manière dont survient l’innovation thérapeutique, à l’interface entre médecine officielle et « marges » de la médecine.

This doctoral research examines the way the therapeutic identity of plants was reinvented following the industrialization and chemicalization of drug production. How were plants fashioned as “natural” remedies? What were the effects of industrialization on drying, conservation and extraction techniques? Acknowledging the growing importance of the “molecular vision” of drugs action, we seek to study the ambivalences of discourses that both claim the importance of obtaining pure plant extracts (thus enabling their mass production) and insist on the necessity to preserve the complexity of compounds still perceived by some as pertaining to the “organic” (by opposition to “inorganic”) world, therefore requiring special extraction procedures. We analyze the boundary work that led to the gradual relegation of plants at the margins of medicine (whereas they still constituted the main ingredient of national pharmacopeia in the 1850s), all the while challenging the absolute character of this relegation. The alkaloids are just one example of the fact that “plants” were not relegated at the margins of medicine, only some techniques for using them: the perception of this oblivion of plants, tightly connected to a feeling of a loss of “Nature” characteristic of these times of industrialization, therefore matters as much as the alleged marginalization itself. More broadly, we seek to provide a symmetrical anthropology of the way therapeutic innovation occurs at the edge between official medicine and its margins, considering simultaneously the vision of scientists, the activities of industrials and everyday practices of herbal healing.

 

Thèmes de recherche

Pharmacognosie, histoire des sciences et des savoirs, sociologie historique des rapports à la nature, histoire de l’industrialisation du médicament

Pharmacognosy, history of sciences and knowledges, historical sociology of man-nature relationships, history of the industrialization of drug production

 

Mémoires de recherche

2020 : Traduire, reformuler et transmettre des savoirs non-naturalistes sur les plantes – Ethnographie d’une formation en herboristerie dans le nord du Finistère ». Dir. Tristan Fournier (IRIS) et Geneviève Pruvost (CEMS), jury Jean-Paul Gaudillière. 193 pages.

2019 : Les plantes qui soignent chez Paracelse : entre science, religion et magie (XIIe – première moitié du XVIe siècle) ». Dir. Béatrice Delaurenti, jury Didier Kahn. 279 pages.

 

Publications

« Paracelsus, his Herbarius, and the relevance of medicinal herbs in his medical thought ». À paraître en avril 2021 dans Daphnis. Zeitschrift für Deutsche Literatur und Kultur der Frühe Neuzeit (double-blind peer review). 60 pages.

 

Communications orales

Octobre 2021: « Paracelsus’ conception of herbal virtues as part of his polemics against humoral medicine». Paracelsian theology and medicine and their reception, Palacky University(Olomouc, République Tchèque).

Avril 2019: « Herbal remedies and medicinal virtues in Paracelsus ». Paracelse et les apocryphes pseudo-Paracelsiens : enquête sur un atelier européen de fabrication de faux (Fondation des Treilles, France).

Février 2019 : « Les plantes qui soignent chez Paracelse : science, religion et magie au temps de la Renaissance botanique ». Journée jeunes chercheurs de l’EHESS  (Paris, France).

 

Enseignements/ Autres collaborations

Printemps 2021 : Sciences Po Paris, Campus de Reims. Maître de conférence, cours « Science and society » (en anglais).

Octobre 2018 : Groupe d’Histoire et historiographie de la Shoah (CRH, EHESS) – Réalisation du catalogue de la Bibliothèque Steinberg.

Printemps 2017 : Columbia University, Undergraduate Program in Sustainable development. Teaching assistant du cours « GIS for Sustainable Development ».

Été 2015 : Ministère du Travail – Co-organisation de la Journée des Initiatives Territoriales avec les élus locaux, synthèse des 200 projets présentés.

Printemps 2015 : Assemblée Nationale – Recherches pour un état des lieux des lois votées en lien avec l’écologie.

Dernière mise à jour : mars 2021

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